terça-feira, 25 de fevereiro de 2014

euronews right on : Une vie sans entraves pour les personnes handicapées




Publicado em 26/11/2012
http://fr.euronews.com/ Trop souvent, les personnes handicapées doivent devenir des athlètes pour franchir les obstacles qu'elles rencontrent en ville. L'accessibilité est loin d'être une réalité en Europe, mais de plus en plus de villes en ont fait un objectif prioritaire.

Pour en parler, nous avons rencontré aux Pays-Bas, Kees-Jan van der Klooster. Malgré un accident de snowboard en 2001 qui le laisse paralysé, le jeune homme vit à cent à l'heure. Il participe à des compétitions de ski (il a remporté une médaille d'or aux Winter X Games en 2008) et apprend à des enfants en fauteuil à circuler dans un monde rarement adapté à leurs besoins.

K.-J. le constate lui-même, par exemple lorsqu'il veut entrer dans un restaurant d'Amsterdam. Après avoir péniblement gravi quelques marches, il doit rebrousser chemin. Les toilettes lui sont inaccessibles. On lui conseille de tenter sa chance dans l'établissement voisin.


Cette fois, la mission est accomplie, mais il reste encore un défi à relever. A l'intérieur, il y a encore trois hautes marches à passer pour atteindre la salle où des places sont disponibles, ainsi que les toilettes.

L'installation d'une rampe aurait permis d'éviter toutes ces difficultés, mais la législation des Pays-Bas comme dans de nombreux pays européens n'impose pas de normes claires sur les aménagements à mettre en oeuvre pour rendre accessibles les bâtiments existants accueillant du public et sur le délai pour les réaliser.
Dans les Etats membres qui disposent de lois en la matière, les sanctions sont souvent, peu nombreuses en raison de contrôles insuffisants.

"J'ai atteint les toilettes de ce restaurant," raconte Kees-Jan van der Klooster, " car j'ai la chance d'avoir un petit fauteuil, mais avec un fauteuil électrique, il aurait été impossible d'aller aux toilettes dans ce restaurant. C'est vraiment dommage," ajoute-t-il, "parce que ce restaurant est bon et sympa, mais l'accessibilité, ce n'est pas tout-à-fait ça !"

Les trois hautes marches que K.-J. a gravi avec de l'aide peuvent très bien dissuader une autre personne en fauteuil, de déjeuner ici voire de sortir de chez elle. "Très peu de personnes handicapées ont une présence active dans la société, en particulier celles en fauteuil qui sont nombreuses à rester à leur domicile," affirme le jeune hollandais, "quand il y aura plus de gens en fauteuil qui sortiront," espère-t-il, "les propriétaires de commerces réaliseront peut-être qu'il faut améliorer leur accessibilité."

A des milliers de kilomètres de là, l'Espagne figure parmi les pays à la pointe de l'accessibilité. La Fondation ONCE y est pour beaucoup. Elle milite pour l'intégration sociale des personnes handicapées. Plusieurs villes espagnoles ont été distinguées pour leurs efforts. C'est le cas d'Avila qui a remporté en 2010, la première édition du Prix européen des villes accessibles.

Dans le jury, Jesús Hernández-Galán qui occupe justement un poste de direction à la Fondation ONCE. Nous rencontrons à Madrid, cet observateur privilégié de la façon dont les villes adaptent leur urbanisme au handicap. "Les villes européennes font des efforts pour devenir plus accessibles ; il y a des améliorations, mais elles sont mises en oeuvre trop lentement," souligne Jesús Hernández-Galán. "On a besoin d'une loi sur l'accessibilité à l'échelle de l'Union européenne," insiste-t-il, "il faut harmoniser les législations en vigueur dans les Etats membres pour faire en sorte que tous les pays avancent dans la même direction."

En Espagne, la Fondation ONCE coopère avec des écoles d'architecture et des entreprises pour concevoir des centres urbains adaptés et éviter qu'ils ne deviennent des labyrinthes.

Le quartier de Valdebebas en cours de construction dans le nord de Madrid est considéré comme un site pionnier et exemplaire. Dès les tout premiers plans, les architectes ont tenu compte du critère d'accessibilité en consultant des experts de la Fondation. Grâce aux matériaux, couleurs et textures choisis, les personnes handicapées peuvent mieux s'orienter. "Sur les trottoirs, on a réalisé deux bandes au sol : l'une statique, l'autre dynamique," explique Susana Canogar, directrice de la planification urbaine de Valdebebas, "la bande dynamique est faite de pavés plus gros, pour donner l'idée de mouvement," explique-t-elle, "à côté, la bande statique a des pavés plus petits qui permettent d'indiquer aux piétons qu'ils vont rencontrer des obstacles."


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